C'est que le temps passe si vite que même ma montre est essoufflée. Si bien que pour cette journée de break avant le grand frisson, avec le soleil qui me filait une patate toujours bonne à prendre, j'ai décidé de me faire deux séances de cinéma. Retard oblige, c'était à du rattrapage que je me suis consacré. Et je n'ai pas été déçu du tout. Vraiment pas du tout.


InvictusInvictus
Quand je suis sorti du film, devant la gare Saint-Lazare, j'ai pensé que désormais je pouvais bien mourir puisque j'avais vu ça. C'est bien simple, si Clint Eastwood n'existait pas, sans doute je militerais pour qu'il soit. C'est très con, j'en conviens. N'empêche, qu'est-ce je peux aimer cet homme !
J'avais sans cesse repoussé mon envie d'aller le voir de peur que le sujet ne m'emballe pas, que cette finale de coupe du monde de rugby 1995 ne soit qu'un prétexte à un film à mouchoirs. Quel âne ! Même si...
Au-delà du fait que j'ai appris beaucoup de choses sur cette période de l'histoire de l'Afrique du Sud, j'ai trouvé que le film était réalisé tout en finesse, en subtilités, sans que jamais il nous soit donné du gros grain à moudre. Evidemment, la réalisation est impeccable, les images sacrément bien léchées et les comédiens géniaux. Le film m'a donné cette impression de flirter amoureusement avec le genre documentaire avec ce plus qu'il faut au cinéma de fiction pour le spectateur décolle de son siège.
Sans doute, la situation sociale de l'Afrique du Sud ne s'est pas modifiée aussi facilement, aussi rapidement. Clint Eastwood prend le parti, somme toute discutable, de n'en montrer qu'essentiellement les avancées positives. Et certains pourront toujours crier à la surdose de bons sentiments, je crois qu'on ne peut pas reprocher au réalisateur d'avoir choisi de braquer sa caméra sur l'espoir, la sagesse et la Vie. Tel était le but de son œuvre, à mon sens il y a réussi. Rarement, j'ai été aussi emballé par un film. Et je crois que longtemps je m'en serais voulu de ne pas être allé le voir.
Même si..., je disais. Oui, phénomène exceptionnel chez moi au cinéma, au-delà de l'émotion qui me faisait se hérisser les poils de mes bras, j'ai aussi pleuré pendant le dernier quart d'heure, me surprenant moi-même de ce trop plein d'émotion. Et franchement, qu'est-ce que c'est bon !



Shutter IslandShutter Island.
Du coup, j'avais hésité à enchaîner. Après un tel coup de cœur, comment ne pas être déçu ensuite ? En même temps, un Scorsese ne doit pas pouvoir décevoir facilement, encore que, et je m'y suis laissé guider.
Autant le film d'Eastwood est plein d'espoir et lumineux que "Shutter Island" est noir et sinistre.
L'histoire est assez alambiquée. Le décor se prête à l'histoire comme une évidence, mais.
Oui, mais. Pendant un temps certain, à mon avis près d'une heure trente, j'ai trouvé que Martin Scorsese donnait dans la facilité du suspens et de la quasi-angoisse à grands renforts d'orage, de rideaux de pluie, d'éclairs, d'obscurités et de flashes de lumières éblouissantes. La technique est connue depuis des lustres, usée et abusée. C'en devenait même gonflant, trop c'était trop. Et puis...
Oui, et puis. Le soleil finit par revenir sur Shutter Island, les effets disparaissent avec la tempête, et en même temps que le ciel, c'est tout le film qui s'éclaire. Tout ces abus n'étaient là que pour dérouter, jusqu'à le perdre, le spectateur. Cet abus était nécessaire.
Avec cette obscure clarté, n'est-ce pas Calystee ;) , le film devient raisonnable, évident ou pas. Et on se dit que cet homme a aussi du génie, que son film est extraordinaire. Du cousu main. Indiscutablement.

Des journées et plus particulièrement, des après-midi comme aujourd'hui, j'en redemande. Encore et encore.
Olivier