Le blog d'Olivier Autissier

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jeudi 20 novembre 2008

CQFD

Placé

Pris

Olivier

mercredi 19 novembre 2008

Quatre-Vingts Ans

Quatre-vingts ans !
Et toute sa tête !
Et toutes ses jambes !

Henriette est une femme étonnante. Qui ne s'arrête jamais, peut-être deux ou trois fois dans la journée pour lire le journal, mais pas davantage tant il lui reste à faire.

J'ai connu Henriette au printemps 2005, ça n'est pas si longtemps. Ce jour-là, avec toute l'intimidation que j'avais endossée, la crainte de la première fois, j'avais aussi en tête la rumeur qui avait précédé cette rencontre. C'était une surprise, elle n'attendait personne ce qui m'était doublement gênant. Et puis ça s'est passé, sans formalité, sans chichi, sans discours officiel.

Depuis, je l'ai évidemment revue plusieurs fois, plus ou moins régulièrement, pour des occasions précises ou non. Et à chaque fois, je fus accueilli chez elle, sans remarque, sans distance, normalement quoi.
J'ai vite compris que la rumeur évoquée n'était que la rumeur. On m'a pourtant expliqué que non, qu'il ne s'agissait pas de ça, que simplement elle avait beaucoup changé. Qu'elle aurait eu un caractère infernal à une époque, râleuse patentée, grognant et ne mettant pas sa langue dans sa poche, dans le genre dragon. Je me souviens même la toute première fois qu'elle a été évoquée, on m'avait dit qu'il me serait davantage profitable d'avoir un gilet pare-balles plutôt qu'un bouquet de fleurs. J'avais néanmoins choisi la seconde option et je suis toujours vivant.
Personnellement, je n'ai jamais rencontrée cette femme décrite.

Bien sûr, Henriette a son caractère, et c'est quelque chose.
Sachant à la fois ce qu'elle veut et ce qu'elle ne veut pas, avare de démonstrations affectives ou de tendresse, dans un sens comme dans l'autre. Jugeant toujours inutile qu'on lui apporte des fleurs, qu'on lui fasse un cadeau. Ou quoi que ce soit qui pourrait la flatter.
Sa mémoire est intacte, sa réflexion sur le choses de la vie aussi.

Et ses jambes, ah ses jambes ! Toujours en route pour quelque part ou quelque chose. Même lorsqu'elle s'est couchée à deux ou trois heures du matin à l'occasion d'une fête, entre 9h00 et 9h30 elle est déjà partie à pieds à l'autre bout du village pour faire son marché. Quand elle n'est pas dans le jardin pour défricher, nettoyer ou ranger. Quand elle n'est pas déjà à ses fourneaux ou à son ménage. Je me souviens quand elle s'est cassé le pied cette année, elle se déplaçait sur le fauteuil à roulettes de sa fille. Elle passait même l'aspirateur avec, elle cuisinait ainsi assise ou faisait sa vaisselle. Parce que sa vaisselle, même lorsque nous avons été une dizaine à sa table, personne d'autre qu'elle ne peut y toucher.

Henriette, je pourrais en parler pendant des lignes et des lignes. Raconter sa vie, celle qui m'a été rapportée, et celle dont je témoigne depuis notre rencontre. Ça n'aurait pas beaucoup d'intérêt ici. Mon portrait d'elle reste succinct, il suffit.

Ce qui importe aujourd'hui, c'est qu'Henriette fête ses quatre-vingts ans. Et toute en forces.
Dans onze jours, nous serons nombreux à nous réunir pour la fêter comme elle vaut bien. C'est une surprise, elle n'en sait rien. Et tant pis si encore une fois elle dit que nous n'aurions pas dû. Nous le savons déjà.

Tout à l'heure, je l'appellerai déjà une première fois pour lui souhaiter l'anniversaire de ce bel âge. Il m'a demandé de le faire, il m'a dit que ça lui ferait plaisir. Il, son fils, Jean-Michel.

Olivier

lundi 17 novembre 2008

Boom Le Chien

Je viens de faire un rêve étrange. Tandis que je ne dormais pas. Je marchais dans l'allée en me rendant chez le buraliste.
Ça ne m'est pas exceptionnel, je fais souvent ce genre de rêve éveillé, toujours le même, seule sa déclinaison varie en fonction des situations.

Quand je sortis de l'immeuble, que j'allai pour ouvrir la portail, un jeune homme tenant au bout d'une laisse un chien s'apprêtait à faire de même juste en face.

Nous voilà arrivés au même moment dans l'allée quand il décroche la laisse du collier de l'animal.
Le chien ressemble vaguement à un pitbull, le gueule peu aimable et le corps tout en muscles.
A ce stade, il est peut-être bon de savoir qu'à si peu de choses de près, pour moi tous les chiens ressemblent à des pitbulls. Le chien étant ma principale phobie, la seule présence à proximité d'un canidé en liberté peut me tétaniser sur place. Combien de fois suis-je resté bloqué au coin d'une rue parce qu'un chien se trouvait plus loin sur mon passage. Ça pourrait durer des heures. C'est comme ça, je ne peux marcher à la campagne qu'accompagné et me promener dans une rue bordée de maisons m'est une véritable épreuve qui voit mon coeur s'emballer à chaque portail ouvert. Bref.

Donc, au décrochage de la laisse, je deviens peu fier, faisant mine de siffler en direction de la cime des arbres, me tardant d'arriver au bout, de retrouver davantage de monde, les voitures... Je marche d'un pas alerte, rapide, mais sans trop pour que le chien ne se doute de rien. A plusieurs reprises il me rattrape, sans doute peu préoccupé par ma personne. Ce qui n'était pas l'inverse.
Le feu est rouge, je traverse, et ouf je suis soulagé.
Je détourne le regard vers l'allée et vois l'animal accroupi en train de chier en son beau milieu.

Je file acheter mes cigarettes et reviens sur mes pas caressant l'espoir que les besoins terminés, le maître et son chien soient rentrés chez eux.
Avant de retraverser dans l'autre sens, je guette, je scrute. Plusieurs personnes à ce moment passent par l'allée, je ne vois plus ma terreur et j'avance.
Quand je passe au niveau de l'endroit où la bête avait déféqué, je découvre l'énorme oubli du maître. Et je peste ! Une de plus, une de moins peut-être, sauf que cette allée en est jonchée de son début à sa fin. D'ailleurs j'imagine que les collégiens turbulents qui l'empruntent pour entrer dans leur collège en ramènent forcément au moins une fois par jour sous leurs semelles et que probablement ça doit sentir bon pendant les cours. Mais je m'égare.

J'avance encore quand je vois de nouveau le maître et son chien, attaché cette fois.
Comment faire pour lui faire remarquer qu'il a perdu quelque chose, qu'un peu de civilité ne semble pas l'étouffer quand au bout de son bras marche un animal qui m'est menaçant.

Et c'est là que le rêve prend le dessus, avoir une putain d'envie d'un super pouvoir qui paralyserait le chien un temps, le ferait tomber comme mort et filerait une magnifique chiasse à son propriétaire.
Mais je ne suis que moi, ce super pouvoir n'existe pas, et je rentre chez moi avec mes cigarettes tout en veillant à éviter les obus abandonnés par d'autres objets de terreur autant que de maîtres impolis, irrespectueux. De grands cons et de grandes connes.
Olivier

vendredi 14 novembre 2008

Ni De L'Art, Ni Du Cochon

On dit que c'est en forgeant qu'on devient forgeron. C'est possible.
Mais je ne pense pas que c'est en photographiant qu'on devient photographe. Au pire, fait-on des choses moins laides, au mieux fait-on parfois des choses belles. Pas davantage.
Par contre et pour moi, c'est en bloguant qu'on devient blogueur. Ou en tous cas, et toujours moi, c'est en m'exhibant -même mal - que je deviens encore plus exhibitionniste.
Et c'est un peu et aussi pour ça qu'aujourd'hui (en fait depuis deux jours) j'enlève le bas. Le haut, entendre la dignité, la discrétion, la fierté, et patati et patata, est tombé déjà depuis longtemps. Voilà au moins qui m'aura appris à ne plus craindre la risée. Ou presque, parce que quand même faut pas exagérer.

Donc, juste pour dire que depuis mardi on peut aussi voir des choses ici. Juste pour ceux que ça intéressent bien sûr parce qu'on y découvrira pas vraiment des merveilles. Mais ça reste moins restrictif qu'ici, ça permet d'y prendre son temps et d'y voir plus large. Après on aime ou on n'aime pas, ça n'est déjà presque plus mon histoire.
On peut aussi y aller par l'animation qui se trouve sur la colonne de droite du blog.
On pourra trouver la quasi intégralité des photos prises à Istanbul, enfin plus de 300 sur 1000 et quelques faites.
Par-là, on verra les 85 clichés des vitraux du Père-Lachaise.
Et puis, en fouillant, on découvrira, avec plaisir ou horreur, d'autres escapades, d'autres promenades, d'autres plaisirs qui sont les miens.

Enfin, on pourra dire encore plus que je suis prétentieux. On peut bien dire ce qu'on voudra, je ne serais pas Dalida si je n'étais pas comme ça.
Olivier

jeudi 13 novembre 2008

Jaune D'Oeuf

Quand j'étais petit on me disait toujours quand il y avait des oeufs durs au menu que le jaune était la lune. C'est la lune, tu vas manger la lune, etc...
Et à chaque fois j'éclatais de rire devant cette comparaison étonnante.

Bien sûr, je savais bien qu'il ne s'agissait pas de la lune. Elle était impossible à attraper, personne ne connaissait son temps de cuisson, et elle me semblait bien trop grosse pour que je puisse l'avaler. Oui, déjà...

Hier soir, je trouvais que la lune, la vraie pas celle des oeufs, était belle, pleine ou quasiment, enveloppée dans son écharpe de nuages.
Et sans doute parce que je n'avais rien d'autre à faire de plus important, j'ai sorti mon appareil photo histoire de voir ce que ça pourrait donner.
Un jaune d'oeuf, un bon gros jaune d'oeuf.

Lune 01

Lune 02

Lune 03 Olivier

mercredi 12 novembre 2008

De Sa Colère A La Mienne

J'ai souvent, sinon toujours, préféré lire sur les blogs la colère au miel. Je préfère, puisque ce passé est un non sens.
Non pas quand son usage est promis au défouloir, et encore que, mais bien quand il veut servir, quand il sert, quand il dénonce, quand il cherche à faire avancer, quand il éveille, quand il réveille, quand il perturbe, quand il bouscule.
Mais dire sa colère revient le plus souvent à ne se faire du bien qu'à soi-même. Et si ça n'est pas si mal, ça demeure néanmoins à peu près inutile au-delà. J'en suis convaincu aujourd'hui, je l'étais moins hier et j'espère que je ne le serai plus dans un proche avenir. Même si je désespère d'y croire en regardant autour de moi. Et en me regardant.
La colère ne mange pas de pain, ni le sien ni celui d'autrui. Elle est presque confortablement assise dans l'aisance. Je m'y vautre autant que d'autres, repu moi aussi d'avoir pu balancer ma hargne.
Et après ?

Il vient de dire la sienne, sans retenue, et ce faisant de déclencher la mienne. Ou une forme de.

Parce que j'aurais tant aimé savoir, plus que pouvoir, lui dire ma révolte que je partage avec lui. Et que je ne l'ai pas fait parce que je n'ai pas su d'une part, mais d'une autre plus majeure parce que ça n'aurait rien changé. Parce que le pouvoir des mots n'existe plus, nous devons être à l'ère de celui des actes. Nous devrions.

Je voudrais aussi lui dire que le silence n'est pas synonyme de lâcheté. Pas davantage de fuite ou d'yeux clos définitivement. Qu'on peut parfois se taire pour digérer ce qui est dit, ce qui est lu. Et puis enfin, à quoi bon parfois en rajouter si ce n'est pour rassurer mais je n'en pas senti ce besoin à ce moment.

Mais je n'ai pas rien dit, moi aussi, comme tant d'autres, parce que sans doute ça m'eût été si facile. Comme il le dit si bien "sur les blogs, on crie, on vocifère, on manifeste, on éjacule, on s'insurge, et pis, avec tout le recul qui s'impose, on se rend bien compte que ça ne change rien".

Non, ça ne change rien, en effet ! Tout simplement parce qu'on ne fait rien pour. Moi non plus. Je participe essentiellement à m'embourgeoiser, à me regarder le nombril, parfois même à m'en satisfaire, à protéger comme je le peux mes acquis, à m'intéresser à mes petits soucis, à vivre pour moi, à vivre pour nous deux. Ben ouais !

Pourtant, je l'aime cette Afrique, tendrement, profondément, etc. Pourtant je ne la connais pas. Pourtant je ne l'ai jamais dit. Et alors ? Est-ce qu'on doit tout dire ? Heureusement, il y aurait tant de surprises, et bien des mauvaises.

Je n'ai pas envie sur ce sujet-ci de vociférer pour vociférer. Mais qui fait quoi ? Réellement, efficacement, dans le domaine du possible de soi. Tout dépend du soi, j'en conviens.
On peut toujours acheter des médicaments et les refiler aux associations dévouées, on peut toujours financer l'apport humanitaire et alimentaire, on peut toujours aller creuser des puits, construire des écoles, aménager des routes. Evidemment.
Et demain ? Il pourra encore nous dire sa même colère, en pire. Dans le même écho silencieux, je prends les paris. Qui ne signifiera pas davantage l'indifférence.

Sa colère m'a mis en colère parce qu'elle m'a atteint. Peut-être à un endroit mal placé qui s'appelle ma fierté. Ben ouais encore !
Et suffisamment pour que je dise ça, que je lui dise ça. Montre-moi le chemin et je te suis. je ne serai pas le seul, tu verras que nous pouvons être nombreux. Et là tu pourras protester si les rangs sont déserts. Je te souhaite pour ce faire bien du courage à trouver ce comment nous pourrions agir. Pas pour l'image mais pour que ça change vraiment, au-delà des mots aussi cuisants fussent-ils.
Je te souhaite bien du courage. Et je t'embrasse, si tu le permets.
Olivier

mardi 11 novembre 2008

Entrainement Aux Week-Ends

Ça n'est que le hasard du calendrier, mais comme toute chose dont on n'a pas l'habitude, un peu d'entrainement ne peut pas faire de mal. Ce genre-ci en ce qui me concerne moins que d'autres sans doute.
Parce que même s'ils ne seront jamais de vrais week-ends tels qu'on les imagine, puisque je travaillerai du mardi au samedi, et environ un dimanche sur quatre, l'idée de pouvoir enfin avoir deux jours communs dont quelques dimanches avec Jean-Michel me met déjà l'eau à la bouche.

Or, ce pont bienvenu optimise l'idée que je me fais de ces temps pour nous à venir.
Le lundi étant notre repos hebdomadaire à tous les deux, ce mardi férié qui lui suit est vécu comme un cadeau. Et les cadeaux, moi j'aime ça.
Prendre le temps du petit déjeuner ensemble, s'accorder d'autres temps pour ralentir le rythme des pendules. Se laisser prendre par une forme de calme, pouvoir écouter de la musique à deux, aller faire une sieste ou deux, sortir prendre un verre le soir sans se soucier duquel des deux travaillera le lendemain, faire un petit saut au marché et en ramener de quoi déjeuner sur le pouce mais sur un bon pouce, flâner, se promener, échanger, partager, se parler, nous regarder, nous dire que nous nous aimons autrement et mieux que dans la fatigue du soir quand l'un ou l'autre rentre du boulot.
Aaaahhhhhh !

Ça n'est qu'un avant-goût, mon nouveau rythme de travail n'interviendra que dans quelques semaines. Que pour le coup je vais trouver longues peut-être. Certainement. Et tant pis.
Une sorte d'entrainement aux week-ends. Et pour n'avoir pas souvent pratiqué ce genre de sport, je me trouve déjà très opérationnel ;) . En gros, je suis prêt.
Olivier

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